Détruisons, c’est toujours ça en moins pour les autres…
Cet article s’éloigne un peu des thématiques principales du blog (quoique..). Mais, je tenais quand même à en parler ici, c’est mon coup de gueule contre certaines bibliothèques qui oublient quels sont leurs missions et rôles principaux.
La destruction des livres
Régulièrement, les bibliothèques font ce qu’on appelle du « désherbage », c’est-à -dire qu’elles doivent « éliminer » les ouvrages qui ne sont plus à jour ainsi que ceux qui seraient trop abimés afin de proposer une collection toujours actualisée.
Le désherbage concerne donc les livres en mauvais état, les doublons et ceux qui auraient des informations périmées.
Il prend alors plusieurs formes : le don, la vente ou l’élimination définitive du document.
Même si ces opérations sont légales et compréhensibles (du moins pour le don), on assiste de plus en plus à des abus. La destruction des livres est la solution la plus simple, la moins coûteuse mais aussi la plus égoïste et elle commence à se répandre dans les bibliothèques. La destruction des livres se fait discrètement mais on en entend toujours parler, surtout auprès des bibliophiles et amoureux des livres.
Il y a quelques années, on brûlait les livres, et aujourd’hui ?
Heu… avec les discours pro-écologie, on se dit que les livres sont recyclés. Mais bien sûr, ce serait trop beau.. Quoique je ne vois pas ce qu’il peut y avoir de « beau » à recycler des livres du siècle dernier.
Avec cette envie de toujours vouloir moderniser, numériser et évoluer, les livres « physiques » sont souvent mis de côté. Ils s’entassent, dérangent pour être finalement, emmenés à la décharge la plus proche.
Avec le contexte économique dans lequel nous sommes en ce moment, certaines municipalités peinent à gonfler leurs fonds alors que d’autres manquent de place et éliminent.
Heureusement, et je tiens à bien le préciser, ne faisons pas de ce cas une généralité. La majorité des bibliothèques qui désherbent font des dons de leurs ouvrages.
Quelques liens
- Une benne, des livres à l’intérieur… Quoi de plus naturel ?
Voir à ce propos, l’article de la Tribune de l’art : Les revues de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris à la benne
- Amazon abandonne ses livres dans un entrepôt.
Ben oui, mais c’est la crise… En même temps, il y en a qui en ont bien profité !
- Au Canada, la ville de Longueuil s’est débarrassée vers fin 2007 de près de 500.000 livres suite au déménagement d’un libraire de la ville.
A côté de ça, la bibliothèque a du mal à remplir ses étagères…
Ajout du 20 juin 2009
Je viens de lire le Ouest France de vendredi dernier (19 juin), et j’apprends que les bibliothèques de la ville de Rennes ont jeté une quantité impressionnante de livres. Alors, oui, je sais très bien que c’est pratique courante dans les bibliothèques et c’est indispensable de le faire mais de là à détruire ces documents, il existe d’autres pratiques comme la vente par exemple.
Beaucoup de bibliothèques conservent les livres qu’elles sortent des collections, pour les vendre une à plusieurs fois par an. Récemment, j’ai eu l’occasion d’aller à une de ces ventes dans une bibliothèque grenobloise, j’en suis ressortie avec 6 bd pour 5 euros au total. La bibliothèque fixe un quota et finalement, ça attire énormément de monde. J’imagine que ça apporte un petit plus à la bibliothèque.
Je ne comprends pas, la vente ne leur coûte quasiment rien mais leur rapporte, alors que la destruction peut leur coûter en frais de transport. Après, je comprends aussi que les bibliothèques ne veulent pas faire de concurrence aux librairies mais ce n’est pas en organisant une vente tous les ans qu’elles deviendront de sérieuses concurrentes…
L’article du Ouest France du 19/06/2009 : accompagné d’une vidéo où un mec explique qu’il vient de récupérer plus de 500 bandes dessinées. Dans cette vidéo, il parle des associations qui ont des difficultés à acquérir des documents, dans l’article, il parle de les vendre. Ouais, bah faut bien que ça rapporte à quelqu’un… ^^
Sur le site de Ouest France, on est choqué. Sur ce blog, on tente de comprendre pourquoi. Et sur Bdgest, on envie celui qui a récupéré les quelques 500 bd…






juin 18th, 2009 at 21 h 40 min
Quand j’ai commencé à lire le début de l’article j’étais pas vraiment d’accord.
Le désherbage c’est assez essentiel pour certaines bibliothèques (et tu le dis)… j’ai rangé des bouquins tous les matins pendant trois mois, ben franchement on comprend pourquoi certaines bibliothèques font du vide.
Les documentaires avec des informations périmées et avec une mauvaise apparence, je crois qu’ils ne serviront plus.
Après, les exemples que tu donnes sont tellement fort, que c’est vrai je dois admettre c’est un peu poussé…
ça donne un aperçu un peu blasé du bibliothécaire.